Station F est un campus de startups situé dans le 13e arrondissement de Paris, dont l’anglais est la langue de travail principale depuis sa création. Plus d’un tiers des résidents du campus viennent de l’étranger. Pour un fondateur non français, comprendre les programmes accessibles en anglais et les démarches administratives liées à l’installation en France représente deux chantiers distincts, souvent menés en parallèle.
Langue de travail à Station F : pourquoi l’anglais s’est imposé
Dès le lancement du campus, la direction a fait le choix de communiquer exclusivement en anglais. Le nom même du lieu a été modifié pour éviter une appellation historique difficile à prononcer pour les non-francophones. Ce choix n’est pas cosmétique : événements internes, candidatures aux programmes, échanges avec les mentors et documentation se font en anglais.
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Pour un fondateur étranger, cela signifie qu’aucune barrière linguistique ne freine l’intégration au quotidien sur le campus. Les équipes qui ne parlent pas français peuvent fonctionner normalement, du dépôt de candidature jusqu’à la participation aux ateliers.
Programmes en anglais ouverts aux startups étrangères
Station F propose plusieurs formats adaptés aux équipes internationales. Deux catégories méritent d’être distinguées : les programmes internes (gérés par Station F) et les programmes partenaires (opérés par des entreprises ou institutions tierces sur le campus).
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Founders Program et Fighters Program
Ce sont les deux programmes d’accélération propres à Station F. Le Founders Program cible les startups en phase initiale, ambitieuses, quel que soit leur pays d’origine. Le Fighters Program s’adresse à des profils d’entrepreneurs issus de milieux sous-représentés. Les deux donnent accès à un bureau à temps plein, aux ressources du campus et à la communauté résidente.
Programmes partenaires
Le campus héberge des programmes opérés par des grands groupes et des institutions. Ces programmes couvrent des secteurs variés et fonctionnent aussi en anglais. La candidature passe par le partenaire concerné, pas directement par Station F.
International Program : immersions courtes par pays
Station F a structuré un International Program destiné aux écosystèmes étrangers. Le format repose sur des cohortes nationales, organisées en partenariat avec des agences publiques (comme KOSME pour la Corée du Sud). Les startups sélectionnées viennent en immersion pendant quelques semaines, sans obligation d’être immatriculées en France.
Ce programme fonctionne comme un pont : il permet de tester le marché français et européen avant de décider d’une installation permanente. Un partenariat avec HEC Paris complète l’offre par un volet formation.

Programme F/ai : le hub européen pour l’intelligence artificielle
Annoncé en juillet 2026, le programme F/ai positionne Station F comme un hub européen dédié à l’intelligence artificielle. La logique est celle de l’attraction de talents et de projets depuis l’étranger, avec l’anglais comme langue de travail. Pour les fondateurs étrangers spécialisés en IA, ce programme représente un point d’entrée spécifique, distinct des programmes généralistes.
Le fonctionnement opérationnel du campus (accès 24 heures sur 24, 7 jours sur 7) constitue un avantage concret pour les équipes réparties sur plusieurs fuseaux horaires. Un fondateur basé à Station F peut organiser des appels avec une équipe technique restée en Asie ou en Amérique sans contrainte d’horaires d’ouverture.
Visa et titre de séjour pour créer une startup en France
L’accès à un programme de Station F ne règle pas la question du droit au séjour. Les démarches administratives dépendent de la nationalité du fondateur et du type d’activité exercée.
Fondateurs ressortissants de l’Union européenne
Les citoyens européens n’ont pas besoin de visa ni de titre de séjour pour s’installer et travailler en France. L’inscription au campus et la création d’entreprise se font directement.
Fondateurs non européens : le passeport talent
Pour les ressortissants hors UE, le visa « passeport talent » est le dispositif le plus adapté à la création d’entreprise innovante. Il autorise l’exercice d’une activité commerciale en France et couvre une durée pouvant aller jusqu’à quatre ans. Les critères portent sur le caractère innovant du projet, la viabilité économique et le parcours du fondateur.
Les étapes clés pour un fondateur non européen sont les suivantes :
- Obtenir un visa long séjour de type « passeport talent – création d’entreprise » auprès du consulat français du pays de résidence, avant l’arrivée en France
- Immatriculer l’entreprise en France (inscription au registre du commerce, obtention d’un numéro SIRET) une fois sur le territoire
- Demander la carte de séjour correspondante à la préfecture dans les deux mois suivant l’arrivée, en fournissant les justificatifs de l’activité et du projet
- Souscrire une assurance maladie et ouvrir un compte bancaire professionnel, deux prérequis souvent exigés par les partenaires et les administrations
La procédure consulaire prend plusieurs semaines. Anticiper la demande de visa avant la date d’entrée dans le programme évite de perdre les premières semaines d’accélération dans des files d’attente administratives.
Logement sans garant local
Station F propose un service de logement qui ne demande pas de garant local. C’est un point concret qui simplifie l’installation : sur le marché locatif parisien classique, l’absence de garant français bloque la plupart des candidatures étrangères.

Immatriculation d’entreprise en France pour un fondateur étranger
Créer une structure juridique française est souvent nécessaire pour facturer des clients européens, lever des fonds auprès d’investisseurs français ou accéder à certaines aides. La forme la plus courante pour une startup est la SAS (Société par Actions Simplifiée).
Un fondateur étranger doit disposer d’un titre de séjour autorisant l’exercice d’une activité commerciale avant de pouvoir immatriculer sa société. Les démarches passent par le guichet unique des formalités d’entreprises, accessible en ligne. La CCI Paris Ile-de-France propose un accompagnement spécifique pour les créateurs étrangers.
Le calendrier réaliste, entre la demande de visa et l’obtention du SIRET, couvre généralement plusieurs mois. Intégrer ce délai dans le planning d’arrivée à Station F permet de démarrer l’activité opérationnelle dès le premier jour sur le campus, plutôt que de passer les premières semaines en attente de documents.
Station F ne se substitue pas aux administrations françaises. Le campus offre un cadre de travail, une communauté et des ressources, mais chaque fondateur reste responsable de ses propres démarches de visa, d’immatriculation et de couverture sociale. Préparer ces étapes en amont, idéalement trois à quatre mois avant la date d’arrivée prévue, reste la méthode la plus fiable pour éviter les blocages.

