Cartier n’a pas simplement validé sa position en 2023 : la maison a raflé plus de la moitié des revenus du pôle joaillerie de Richemont, reléguant les autres enseignes du groupe à la traîne. Sous le vernis de la diversité affichée par Richemont, deux noms écrasent tout : Cartier et Van Cleef & Arpels. Leurs performances dépassent largement l’ensemble des autres marques du groupe, quand certains concurrents parviennent à mieux distribuer leur réussite entre leurs différentes griffes.
La reprise économique qui a suivi la pandémie n’a pas favorisé uniformément toutes les maisons Richemont. D’un côté, les ventes de montres stagnent, de l’autre, la joaillerie explose, pulvérisant des seuils rarement atteints jusque-là.
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Panorama des marques Richemont face aux géants du luxe : quels leaders émergent réellement ?
Malgré un portefeuille foisonnant, seules quelques maisons de Richemont parviennent à flirter avec la stature des plus grands : deux têtes d’affiche tirent l’ensemble, Cartier et Van Cleef & Arpels. Ce binôme domine les résultats, relayant les autres marques du groupe en coulisse. Cartier n’a pas son pareil pour attirer à la fois les amateurs de joaillerie et les passionnés d’horlogerie. Van Cleef & Arpels, de son côté, multiplie les collections iconiques, attirant une clientèle asiatique avide de produits d’exception.
La puissance industrielle d’acteurs comme LVMH ou la flamboyance créative de Kering contrastent avec la stratégie de Richemont : le groupe reste ancré dans le mariage entre l’horlogerie suisse traditionnelle et la joaillerie haut de gamme. Pourtant, des maisons comme Jaeger-LeCoultre, IWC ou Vacheron Constantin peinent à maintenir leur visibilité face aux géants de la mode et de la maroquinerie. Le prestige des montres suisses s’adresse aujourd’hui à un cercle plus restreint, dépassé en influence et en désirabilité par la mode et le cuir.
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Le paysage concurrentiel fait émerger une réalité : Richemont, seul grand groupe à miser ouvertement sur la joaillerie, tient une position à part. Pendant que d’autres priorisent cuir ou mode, Richemont reste fidèle à l’artisanat précieux. À la manœuvre, Johann Rupert agit avec discrétion, misant sur la continuité et la transmission, quand d’autres multiplient les offensives de notoriété.

Montres, joaillerie et accessoires : comment la reprise économique redessine la hiérarchie des ventes et les tendances d’achat
Depuis la sortie de la crise sanitaire, le luxe retrouve sa vigueur. Les chiffres de ventes révèlent des changements nets dans les préférences d’achat.
Voici les dynamiques observées sur les différentes catégories de produits :
- Cartier conserve sa avance en joaillerie, avec une progression à deux chiffres. À Paris comme à Shanghai, les boutiques voient défiler une clientèle nombreuse, et les lignes historiques s’envolent dans les ventes.
- Le retour massif des acheteurs chinois, grâce à une liberté retrouvée, a dopé le marché du luxe. Leur engouement pour les montres et bijoux est évident, à mille lieues du rythme plus calme enregistré sur les accessoires.
- Pour l’horlogerie suisse, la recherche de valeur refuge joue à plein : les montres mécaniques haut de gamme, signées Vacheron Constantin ou IWC, séduisent une clientèle qui mise sur la rareté et la virtuosité technique.
Les accessoires, face à une compétition féroce, peinent à suivre. D’autres maisons comme Louis Vuitton ou Gucci creusent leur sillon dans la maroquinerie, tandis que Richemont concentre ses forces sur le luxe ultime et la mise en avant de l’artisanat. Résultat : le panier moyen progresse, la clientèle se concentre, les fidèles restent.
La reprise, loin d’aplanir les différences, les accentue. Le luxe se segmente. Chaque maison intensifie sa singularité, soigne ses relations avec ses clients, et forge sa propre route, à l’écart des phénomènes éphémères. Un jeu de chaises où ne restent assis que ceux qui savent créer l’attachement, année après année.

